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Des déchets radioactifs bientôt dans nos maisons ?



Le 14 mais dernier, en toute discrétion, un arrêté ministériel autorise l'utilisation de déchets faiblement radioactifs dans la fabrication d'objets usuels de grande consommation, et ce contre l'avis de l'autorité compétente : l'autorité de sûreté nucléaire.


« Les métaux, plastiques, gravats... issus du démantèlement d'installations nucléaires pourront servir à la fabrication de ciment ou d'acier. Ces produits contaminés seront utilisés pour la construction de maisons, voitures, bateaux, vélos... » , soutient Corinne Castagnier, la directrice de la Criirad (association indépendante spécialisée dans le nucléaire),

Ce texte constitue une dérogation au Code de santé publique et contourne l’interdiction, prise en 2002, d’utiliser des substances radioactives dans les biens de consommation et les produits de construction.

Jusqu'alors la position de la France avait été ferme sur a question de la dilution des déchets radioactifs dans l'environnement et cet arrête contourne l'article de 2002 du code de santé publique.

En 2004 déjà, une filiale du groupe Areva avait tenté une action afin de pouvoir utiliser 15% de métal contaminés dans la fabrication de tracteur, mais le tribunal administratif de Lyon avait empêché cela.

Cet arrêté concerne seulement les déchets dit « de très faibles activité » cependant Corinne Castanier souligne que « même si ces déchets TFA seront dilués dans d’autres matériaux, cela va augmenter le bruit de fond de la radioactivité. Faible niveau de risque ne signifie pas absence de risque »

A qui profite le crime ?


Nous sommes alors en droit de nous demander quel intérêt les industriel trouveraient à incorporer des matériaux contaminés dans leurs produits, défiant ainsi tout bon sens.
La réponse est simple : le stockage des déchets coute extrêmement cher : les industriels pourront donc réduire leurs capacités de stockage tout en les revendant à très bas coup aux entreprises désireuses de les utiliser : tout le monde y gagne, sauf le consommateur.

Que pouvons nous faire ?


La Criirad a déposé un recours au Conseil d'Etat afin de faire annuler l'amendement
L’association a également adressé à Jean-Louis Borloo, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde une lettre ouverte le 6 novembre 2009 pour les alerter « sur le contenu et les conséquences d’un texte, pris en leur nom » et pour qu’ils l’annulent.

Des citoyens ce sont également mobilisés : plus de 7 000 cartes pétitions ont également été envoyées aux ministres.

Plus d informations sur le site du Criirad : http://www.criirad.org/

 

Auteur : Emmanuel Beurq
 

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