Informations :

anonymous

le 15-01-10 à 20:14:01

193

20

0


creative commons


Actions :

facebook Linkedin stumbleupon delicious digg

good bad Signaler




Archives

Avatar : Cameron envoie l'artillerie lourde

« Vous êtes Jake Sully. On vous propose de repartir à zéro, dans un nouveau monde. Vous aurez un rôle décisif », promet un des responsables du programme Avatar dans la bande-annonce du dernier film de science-fiction de James Cameron, sorti le 16 décembre au cinéma. J'ai donc voulu tenter l'expérience : un spectacle qui envoie du lourd.
 
Avatar, c’est l’histoire en 3D de Jake Sully, ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, destiné à incarner son propre avatar pour sauver la planète Pandora. Pandora, c’est la planète peuplée de créatures aux pouvoirs surnaturels, les Na’vi, vivant en symbiose avec leur milieu naturel. Mais Pandora, c’est aussi la planète riche en minerai, en proie aux appétits d’industriels capricieux et de militaires bornés. La métaphore est claire : Avatar colle à l’actualité en se faisant le manifeste de l’écologie et de la résistance anticapitaliste face à une Amérique impérialiste.
 
Science et patience
Pour mener sa propagande, James Cameron ne lésine pas sur les moyens et envoie l’artillerie lourde. Dix années de préparation, cinq années de réalisation, le plus grand studio d’animation jamais créé, un millions de giga-octets de données, un budget estimé entre 300 et 500 millions de dollars. Spectateurs, rendez-vous compte : à 8 euros la place de cinéma, auxquels il vous faudra rajouter 3 euros pour l’achat des lunettes 3D, et éventuellement 3 euros supplémentaires pour un sot moyen de pop-corn, ce qui fait un total 14 euros, on vous offre un film qui en coûte en réalité entre 300 et 500 millions ! Magie des superproductions.
 
A ce prix là, Cameron nous vend du rêve. Car il faut bien admettre que les images virtuels des paysages, de la faune et de la flore de la planète Pandora, qui rappellent celles des forêts équatoriales et des fonds sous-marins, sont merveilleuses… de prouesses techniques. Quand la science se met au service du rêve, le détail des corps, la fluidité des mouvements, la phosphorescence végétale et minérale, sont prodigieux et fascinants. Tellement fascinants qu’ils nous embarqueraient presque dans un trip new age, qui tournerait l’engouement écologique actuel en « une pseudo-religion du nouveau millénaire », comme l’a relevé le Vatican dans une émission de radio à propos du film.
 
La morale de l’histoire
Effectivement, sans même parler de credo et du culte païen de la nature pratiqué sur Pandora, la morale du film est des plus mièvres. Jake, John Smith du XXIe siècle, intègre la communauté des Na’vi pour suivre leurs épreuves initiatiques, jusqu’à devenir l’un des leurs. Il s’éveille, adopte le regard de sa Pocahontas pour se rallier à sa cause, jusqu’à l’inévitable affrontement final entre les cupides humains et les nobles sauvages.
 
En sortant du cinéma, tandis que je cherchais une poubelle pour jeter mon sot de pop-corn dans un élan de conscience écologique, j’entendis quelqu’un parmi la foule s’exclamer, en guise de conclusion : « Même anticapitalistes, même écologistes, et surtout lorsqu’ils sont animés des meilleures intentions du monde, ces films américains sont tellement… américains ! »
 
Romain Marchand

Commentaires

Ajouter un commentaire






xuteo 2009