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romainmarchand

le 19-11-09 à 01:38:10

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Les Herbes Folles d'Alain Resnais : le style fou d'un vieux bonhomme

Quand cela ne fonctionne pas, cela fonctionne quand même

Dans le paysage du cinéma français actuel et de toute éternité, Les Herbes Folles est ce qu’on appelle un OVNI. Comment parler de ce film déroutant qui à vrai dire ne repose sur rien, fruit du raisonnable cerveau délirant du bonhomme aux 87 printemps qui n’a pas volé son « prix exceptionnelle » au dernier festival de Cannes pour l’ensemble de son œuvre. Une intrigue ordinaire, des personnages aux idées fixes, enfin un assemblage d’éléments disparates formant un tout « surréaliste », et qui pourtant, ô miracle, fonctionne. Et même quand cela ne fonctionne pas, cela fonctionne malgré tout. C’est ici un flic improbable (Mathieu Amalric) dont on se demande quel est le rôle, là une réplique totalement convenue faisant irruption au beau milieu d’une scène absurde, ou encore une manière de filmer tout à fait incongrue. Tous ces décalages, toutes ces failles dans lesquels coule on ne sait quoi font le charme de cette comédie.

Ceci est une comédie

« Je vais la tuer ! Nan ! Ca va pas recommencer ? », lâche avec violence Georges (André Dussolier) lorsqu’il essuie les refus de Marguerite (Sabine Azéma). Cet homme est-il dangereux ? A-t-il déjà tué une femme ? Ou a-t-il seulement des difficultés à communiquer ? Notre héros, tout comme Marguerite, présente une faille, une étrangeté dans son identité. Ces tensions risqueraient de faire basculer le film dans le drame, si elles n’étaient pas désamorcées par le comique. Il n’empêche qu’à cause de la singularité de son style, Les Herbes Folles peut déplaire ou parfois même irriter. Des situations à la limite du grotesque qu’on croirait sorties des pires sitcoms, ou des images à la limite du kitch, paraissent inspirés de ces navets hilarants malgré eux. On se laisse prendre à ce jeu du mauvais goût, ou pas. On regarde alors le film avec une distance amusée. La maladresse nous attendri. De la surprise nait le plaisir et nous rions de nos propres handicaps et de notre propre bêtise.

Romain Marchand

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